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Relative Of Hanged Ahwazis Calls for International Prosecution Of Judges

A relative of two executed Ahwazi Arabs is calling on the international community to issue a warrant for the arrest of two Iranian judge...

À Ahwaz province Iranienne du Khuzestan les pluies acides empoisonnent la population


Ahvaz, à l’ouest de l’Iran, est confrontée à une grave catastrophe industrielle, peut-être la pire que connaît le monde depuis la fuite chimique de Bhopal, en Inde, en 1984, qui aurait fait plus de 20 000 morts.

Depuis le début du mois de novembre, plusieurs milliers de ses habitants ont été hospitalisés après la chute de pluies acides. Une ville plongée dans un épais brouillard, des gens respirant à travers des masques chirurgicaux : les images tournées à Ahvaz (comme ici en 2009) ne sont pas sans rappeler celles qu’on peut régulièrement voir de Pékin.

Sauf que selon les chiffres révélés par l’Organisation mondiale de la santé, la capitale du Khuzestan est trois fois plus polluée que la capitale chinoise. L’OMS la place même au premier rang des villes les plus polluées du monde.

La semaine dernière, plus de 2 000 personnes souffrant de difficultés respiratoires provoquées par des pluies acides se sont rendues en urgence dans les centres hospitaliers de la ville. Depuis le début du mois, ces pluies ont fait plus de 20 000 malades, selon les estimations de médias locaux. Mais le chiffre pourrait bien être revu à la hausse.

D’après le site d’information Farsnews, repris par Ahwaz News Agency, le gouverneur de la province a interdit aux hôpitaux de divulguer le nombre de personnes admises pour des problèmes respiratoires. Pour Ahmad Reza Lahijanzadeh, responsable provincial de la protection environnementale, cité par le site Iran Pulse, ces précipitations acides seraient dues à une forte présence de nitrates dans l’air. Une analyse que confirme Sasan Mogahi, de l’hôpital Jondi Shapour. Pour lui, c’est l’activité pétrolière et les feux déclenchés dans les champs de canne à sucre après les récoltes qui seraient en cause.


En réaction, les autorités locales ont ordonné la fermeture provisoire des écoles primaires et des crèches dans de nombreuses villes de la région, et ont recommandé aux parents de ne pas laisser sortir leurs enfants. Les activités industrielles, en revanche, non pas été suspendues.

Ahad, 22 ans, est commerçant à Ahvaz:

"Les conditions climatiques ont toujours été mauvaises à Ahvaz, autant que je me souvienne. Mais ça empire chaque année. Cette année, nous avons connu des tempêtes de poussière et, plus récemment, des pluies acides qui rendent les gens malades. La dernière fois, j’ai dû moi-même me rendre à l’hôpital parce que j’avais des difficultés à respirer. Là-bas, les personnes à qui j’ai eu affaire n’ont pas trop su quoi faire. Elles m’ont simplement donné des médicaments et m’ont placé sous assistance respiratoire. J’ai dû débourser 100 000 tomans (environ 30 euros). Il y avait beaucoup de gens, essentiellement des enfants et des personnes âgées, et le personnel médical semblait dépassé. Au bout d’une heure ou deux, j’ai finalement pu rentrer chez moi. 

"Mercredi dernier, une nouvelle pluie acide a rendu beaucoup de gens malades. D’après ce que j’ai entendu dire, des milliers de personnes se sont rendues à l’hôpital. Les gens qui se sont opposés au barrage sur le fleuve Karoun veulent maintenant manifester contre la pollution et les conditions de vie insupportables qui font ressembler Ahvaz à une ville fantôme, comme après une explosion nucléaire.

"Les affaires marchent mal, en particulier l’après-midi où la pollution est si importante que nous devons fermer nos magasins. Les gens sont inquiets, ils se sentent misérables. Ahvaz a souffert pendant 25 ans des ravages de la guerre. Elle est l’une des villes les moins bien pourvues en équipement urbain du pays alors qu’elle est située dans une région riche en pétrole. On dirait que la ville est maudite."

Mais Ahvaz n’est pas un cas à part. Dans le classement de l’OMS des villes les plus polluées du monde, trois villes iraniennes – Ahvaz, Sanandaj et Yasouj – figurent parmi les dix premières. En décembre dernier, le conseiller du ministre de la Santé, Hassan Aghajani, a rapporté aux médias iraniens que 4 460 personnes étaient décédées à cause de la pollution entre mars 2011 et mars 2012.

Article écrit avec la collaboration d’Omid Habibinia, journaliste free-lance, et de François-Damien Bourgery (@FDBourgery), journaliste à FRANCE 24.